BBC Two : marketing affirmé

Voici comment Cinema 4D, Cineware et Adobe After Effects ont permis à Vincent London de créer rapidement et efficacement deux spots drôles pour BBC Two.

Par Steve Jarratt

En étroite collaboration avec BBC Marketing, Vincent London a été invité à concevoir de nouveaux spots pour promouvoir BBC Two et sa nouvelle saison de programmation. Les spots ont été intégrés aux émissions TV Autumnwatch et Springwatch et à une chaîne mettant en scène la célèbre cuisinière Nigella Lawson ainsi que le nombre 2, mascotte officielle de l'émission.

Le premier spot (diffusé sur Autumnwatch) met en scène des oiseaux sur une côte ne prêtant pas attention à une volée d'oiseaux formant un 2 géant derrière eux. La séquence a été réalisée grâce au module externe X-Particles de Insydium et aux xpEmitters utilisés avec xpGenerators pour remplacer chaque particule par un objet ; dans ce cas, un objet Oiseau, avec peu de polygones et des ailes, qui vole en boucle. « Nous avons utilisé différents modificateurs xpAttractors et xpCover afin de créer la forme en 2 et différents modificateurs xpTurbulence afin de disperser les oiseaux. », explique John Hill, directeur artistique.

Pour la scène finale grand angle, John Hill et son équipe ont dû créer l'arrière-plan de toute pièce, dans la mesure où la séquence originale non calibrée affichait les présentateurs au centre de l'image. « Nous avons dû repositionner les présentateurs tout à droite de l'image et créer une prise bien plus grande. Nous les avons donc placés au bord de la falaise pour que les oiseaux animés puissent voler sur la gauche. », déclare John Hill. Pour ce faire, John Hill et son équipe ont créé des éléments en « 2,5D » (présentateurs, herbe, falaise, mer, champs, buissons, etc.) et les ont importés dans After Effects.

La volée d'oiseaux a été éclairée grâce à une image HDRI du ciel et à une lumière infinie allant jusqu'au soleil. Des passes Ombre, Éclairage, IG, Vecteur de mouvement ont été entièrement rendus (le vecteur de mouvement permet d'ajouter un flou de mouvement grâce à RealSmart Motion Blur Pro). La volée d'oiseaux a été intégrée à l'arrière-plan grand angle et la séquence entière a été calibrée.

Le second spot (diffusé sur Springwatch) est bien plus complexe ; elle met en scène un papillon en forme de 2 sortant de son cocon, agitant ses ailes et se posant sur une branche. Le papillon a été créé à l'aide d'un rig, ce qui a permis d'animer les pattes, le corps et les antennes. Les ailes quant à elles, ont été créées à partir de simples plans, sur lesquels des textures ont été appliquées, puis finalement formées à l'aide d'un canal alpha. Selon John Hill, « C'était bien plus rapide d'utiliser des textures sur des plans simples avec des déformateurs que d'utiliser des ailes entièrement modélisées avec leur propres propriétés Cheveux. C'était assez chronophage d'utiliser Photoshop pour créer la bonne texture des ailes, mais nous sommes sûrs que c'était une approche bien plus efficace pour ce que nous voulions faire. »

La propriété Cheveux de Cinema 4D a été appliquée au corps du papillon, qui a été brossé et sculpté. Cela a permis de masquer l'articulation entre le thorax et les ailes, parties sur lesquelles les propriétés Cheveux ont été peintes comme cartes de texture.

Pour la partie où le papillon sort de son cocon, des déformateurs ont été utilisés pour déplier les ailes. John Hill confie : « Idéalement, nous aurions créé un rig bien plus complexe pour les ailes afin qu'elles se replient mieux, mais malheureusement nous n'avons pas eu assez de temps. »

La branche a été modélisée et texturée grâce à des photos, ce qui a permis d'ajouter des mouvements subtils et l'arrière-plan est une image fixe. Une image HDRI a été créée à l'aide d'une photo prise en intérieur et une zone de lumière a été utilisée pour ajouter des ombres au papillon et à la branche. L'animation a ensuite été rendue, produisant des passes Ombre, IG, Spécularité, Cheveux, Occlusion ambiante, Diffusion et Vecteur de mouvement.

Previous slide
Next slide

La branche, le fond et le papillon ont été assemblés dans After Effects. « Nous avons utilisé un flou de l'objectif avec une passe de profondeur pour la profondeur de champ. Les passes Ombre nous ont grandement aidé à positionner le papillon sur la branche ». Pour terminer, un mouvement de caméra a été ajouté afin que le rendu soit plus naturel et fluide.

Le deuxième spot met en scène une chenille, en forme de 2, rampant sur une branche jusqu'à une fleur pour la sentir. Les mouvements de la chenille nécessitent la création d'un rig avec des os et une CI, avec assez de flexibilité pour pouvoir animer le corps en forme de 2. « C'était difficile de faire ramper correctement la chenille et de conserver la forme de 2 tout au long de l'animation (surtout au moment où la chenille atteint la fleur). Nous avions alors en tête différentes façons de procéder. »

Pour cette prise, seule la chenille est un maillage 3D ; tous les autres éléments sont en 2,5D et ont été créés grâce à des photos prises en intérieur et agencés en calques dans After Effects. La fleur a été séparée en trois ou quatre parties, ce qui a permis d'ajouter des mouvements subtils. L'image de la branche est un plan statique, même si John Hill explique que son équipe et lui ont modélisé une version de la branche à partir de la photo qui a ensuite été utilisée dans Cinema 4D pour définir les ombres de la chenille. John Hill ajoute : « Nous avons ajouté des ombres 2D supplémentaires lorsque cela était nécessaire pour mieux positionner le corps de la chenille lorsqu'il interagissait avec la fleur ». Une fois encore, une image HDRI a été utilisée avec une zone de lumière et des passes de sortie tels que Ombre, Cheveux, IG, Spécularité, Occlusion Ambiante, Diffusion et Vecteur de mouvement.

Pour John Hill, « La chenille était un élément assez délicat à créer, notamment en raison des ombres. Le mouvement de la tête devant et derrière la fleur était compliqué à rendre de façon fluide, que ce soit lorsqu'elle s'avance et se rapproche ou bien lorsqu'elle sent la fleur. Nous avons créé des pétales semi-transparents pour faciliter la création de l'élément. »

La prise finale est un spot générique de la chaîne : elle met en scène Nigella Lawson en train de mélanger du chocolat pour un gâteau. Cependant, lorsqu'elle a le dos tourné, la spatule en forme de 2 engloutit tout le chocolat jusqu'à gonfler. Comme prévu, la simulation du liquide a été faite grâce à l'outil RealFlow de Next Limit, bien que John Hill admette que la scène soit loin d'être parfaite. « La consistance du chocolat devait être la bonne pour que le rendu ait l'air réaliste. Il fallait qu'il coule assez rapidement pour être réaliste. Nous avons utilisé Kill Daemons ainsi que d'autres Attracteur, Spline et Vortex Daemons pour créer le mouvement du chocolat. », déclare-t-il.

Après avoir effectué la simulation, John Hill et son équipe ont créé des maillages à l'aide d'influences de points dans RealFlow, puis les ont sauvegardés comme des fichiers BIN standards. Il les ont ensuite importés dans Cinema 4D grâce aux derniers modules externes RealFlow, ce qui leur a d'ailleurs permis de garder le contrôle sur leur projet (ce qui n'aurait pas forcément été le cas s'ils avaient utilisé les maillages rapides fournis par le RealFlow Render Kit).

Previous slide
Next slide

Dans la prise finale, le bol, la spatule et le chocolat sont des images de synthèse. « Nous avons modélisé la spatule en forme de 2 dans Cinema 4D et l'avons animée grâce à la propriété Morphing de pose, aux déformateurs et à des textures de déplacement sur les UV », ajoute John Hill en précisant que la conception est passée par plusieurs étapes (lèvres, langues, mouvements drôles en tout genre) avant qu'un modèle plus discret et harmonieux puisse être créé. « Nous avons utilisé à la fois les séquences RealFlow et les textures de déplacement pour créer le mouvement chocolat sur les bords du bol. Cette étape s'est avérée relativement compliquée. »

Pour obtenir le bon éclairage, la scène a été éclairée grâce à une image HDRI créée à partir d'une photo prise en intérieur. Les différentes passes ont ensuite été ajoutées à After Effects. « Nous avons utilisé une projection par caméra pour l'arrière-plan, ce qui nous a permis d'obtenir des mouvements subtils. L'assiette a été rendue avec l'image de synthèse du bol, les ombres ajoutées post-production avec des reflets supplémentaires et des passes Vecteur de mouvement. »

Tout au long de la création de ces spots pour BBC, Vincent London a pu, grâce au module externe Cineware de MAXON, bénéficier du lien étroit entre Cinema 4D et After Effects. « L'exportation et l'importation de données vidéo depuis After Effects dans Cinema 4D fonctionnent très bien, à tel point que nous nous sommes davantage amusés avec les animations qu'avec les caméras. »

« L'association de textures de projection par caméra et de données vidéo de Cinema 4D rend aisé le travail sur les images de synthèse avec des passes de rendu », déclare John Hill. Ce dernier explique à quel point la production est rapide et instantanée et à quel point les itérations et les temps de traitement (des demandes des clients ou de l'exécution du projet) sont rapides. « L'intégration After Effects / Cinema 4D est particulièrement pertinente dans le cas de changements rapides ou de modifications à effectuer en fin de projet. La structure des composants et les passes de rendu offrent une grande flexibilité. Grâce à ces passes et aux données vidéo, vous pouvez réellement vous montrer créatif et trouver, parfois de façon accidentelle, de meilleures façon de créer de façon esthétique. C'est essentiel pour créer un projet qui offre assez de flexibilité pour des temps de traitement rapides ou des modifications. »


Steve Jarratt est un journaliste britannique, passionné par l'animation, spécialisé dans les technologies.

Toutes les images ont été publiées avec l'accord de Vincent London.


Site Internet de Vincent London :

www.vincentlondon.com