007 Spectre

Le studio Vincent London a utilisé Cinema 4D pour créer une multitude d'images de synthèse et d'animations pour le tout dernier James Bond.

Par Steve Jarratt

Il n'y a pas si longtemps, dans le monde de l'espionnage, le choix du système d'exploitation était on ne peut plus simple : les méchants utilisaient Windows et les gentils utilisaient Mac. Mais, de nos jours, aucune organisation criminelle ou opération secrète digne de ce nom n'opterait pour un logiciel en vente libre dans le commerce. C'est notamment le cas pour le dernier James Bond, 007 Spectre, qui a exigé plus de 300 animations réparties au total sur 23 scènes.

La création des animations et des interfaces utilisateur de pointe a été confiée à Vincent London, studio cofondé par John Hill et Rheea Aranha (directeurs de la création). John Hill a été contacté par Rushes, studio d'effets spéciaux à Londres, pour concevoir, créer et diriger le projet.

En collaboration avec le réalisateur Sam Mendes, John Hill était à la tête d'une équipe d'environ 26 personnes au cours des 13 mois qu'a duré la réalisation du projet, de la préproduction à la sortie du film. « Nous avons créé au total plus d'une heure d'animations avec une résolution de 1080p. », déclare-t-il.

 

L'un des décors les plus imposants pour lequel il a fallu produire des animations a sans nul doute été le repère de Oberhauser, ce dernier nécessitant plus de 120 écrans ! J'ai réalisé ces animations afin qu'elles puissent être disposées en lignes et ainsi s'intégrer parfaitement aux longs couloirs et aux rangées de postes de travail.

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« Une grande partie de notre projet a dû être conçue et testée avant le tournage du film, afin que les animations ne soient pas là uniquement en complément des décors, mais qu'elles fonctionnent également comme des accessoires interactifs. », ajoute-t-il. « À certains moments clés du scénario, il fallait que les acteurs puissent interagir avec les animations. Nous les avons donc testées avant le tournage du film afin que je sois sûr que tout fonctionnerait correctement. C'est tout un art de créer de bonnes animations et cela requiert une grande expérience de transformer un extrait de script en un support de narration essentiel capable de s'adapter au scénario. »

Les écrans utilisés dans 007 Spectre ont été créés à partir d'images 3D et de synthèse. Environ 90% de ces écrans ont été créés avec Cinema 4D et After Effects (pour certaines animations et compositions 2D). « Nous avons utilisé Cinema 4D pour de nombreuses animations, dans la mesure où il est plus rapide de les créer avec MoGraph qu'avec After Effects. Cela s'est avéré particulièrement utile lors de la conception de l'environnement de développement modulaire pour la division Q et du langage graphique libre du repère de Oberhauser. »

John Hill et son équipe ont utilisé les systèmes MoGraph et Cheveux de Cinema 4D et les X-Particles d'Insydium pour créer des nuages de données et d'autres animations à base de particules. TurbulenceFD de Jawset Visual Computing a également été de la partie.

Une image en arrière-plan montre une analyse de matériaux, à l'échelle nanométrique, caractéristique de la sculpture 3D avec des clous. « Cela a été réalisé à l'aide de l'outil Cheveux. C'est le seul moyen de créer tant d'objets sans que votre ordinateur ne vous lâche en cours de route. Cet outil convient parfaitement à ce type de projet et permet de créer des animations très complexes. », commente-t-il.

John Hill confie par ailleurs que la conception des schémas pour le cadran de la montre Omega Seamaster 300 a été une expérience incroyable !

Les résultats de l'analyse de la bague de Spectre s'affichent sous la forme de composants essentiels. « Nous avons modélisé la bague de différentes façons : microscope électronique, photoréaliste, rayons gamma, spectromètre, et ce encore une fois pour bénéficier d'une certaine flexibilité lors du rendu. MoGraph a permis de créer le réseau en voxel utilisé pour l'isolation des composants chimiques de la bague. »

« J'ai conçu et modélisé la Terre pour le système de localisation par satellite dans Cinema 4D. Pour cela, j'ai de nouveau utilisé les données de l'objet 3D en ajoutant des animations 2,5D au rendu. La carte physique a été créée à l'aide de X-Particles, de plusieurs splines et d'un grand nombre d'éléments graphiques 2,5D. » Afin de représenter une augmentation subite de l'utilisation des téléphones portables, un graphique à barres a été réalisé à l'aide de MoGraph. Cet élément est visible sous la carte.

« Cinema 4D nous a été d'une grande aide. La modélisation étant soumise à des règles de conception très strictes (ce qui à mon sens n'est pas plus mal pour ce type de projet), Cinema 4D nous a facilité la tâche lorsque nous avions besoin de conserver la même esthétique pour toutes les animations. », dit-il.

Pour ce qui est de la radio du crâne, John Hill a modélisé plusieurs calques : os, veines, artères, nerfs et parties du cerveau. Il a ensuite effectué le rendu multi-passes de ces différents calques avant de réaliser la composition dans After Effects. « J'ai ainsi pu bénéficier d'une grande flexibilité lors de la création du rendu final, mais également lors de la sélection de certaines parties du crâne. Les aiguilles ont été créées à partir d'un mélange entre des éléments 2D et 3D, puis rendues séparément par dessus le crâne en 3D. Autant dire que c'était un long processus ! », commente-t-il.

Parmi la très grande variété de domaines abordés, John Hill admet que les contenus médicaux faisaient partie de ceux qui étaient les plus difficiles. « Nous avons utilisé des textures de déplacement et des matières Fresnel, ainsi que de nombreuses matières Bruit composées de calques, afin de créer l'illusion d'une observation avec un microscope électronique. L'utilisation ponctuelle des textures de déplacement pour la modélisation permet de créer des surfaces organiques et de pouvoir les utiliser très facilement par la suite. »

« À nos yeux, Cinema 4D est résolument l'un des outils les plus rapides, intuitifs et créatifs sur le marché. Vous pouvez réaliser presque tout grâce à un seul et unique logiciel ! MoGraph et l'outil Cheveux sont des modules sensationnels et réellement puissants. Le rendu en réseau est fiable et aussi simple à configurer qu'à superviser. Il est également très stable. »

Passionné de longue date de l'animation 3D, Steve Jarratt est un journaliste britannique spécialisé dans le domaine des technologies.

Toutes les images ont été publiées avec l'accord de Vincent London

Site Internet de Vincent London :
www.vincentlondon.com