25 January 2013

Belle and Sebastian: Crash

Stephen Tolfrey crée une version miniature et en papier d'un groupe encensé par la critique en utilisant CINEMA 4D, par Steve Jarratt

Lorsque Belle And Sebastian décida de faire une reprise de la chanson de 1988 des Primitives' intitulée Crash à l'occasion de la sortie de l'album de remix Late Night Tales, le label s'est alors tourné vers Stephen Tolfrey pour créer la vidéo qui l'accompagne. Etant donné que les membres du groupe n'allaient pas figurer dans la vidéo, Stephen décida de créer des versions stylisées de ces derniers. "J'ai écouté écouté la piste son et la douceur de l'ambiance suggérait une performance d'artistes à la fois simple et agréable, ce qui contrastait avec un arrière-plan plutôt chaotique," témoigne t-il. "J'ai donc décidé de faire des versions type jouets en papier du groupe se tenant devant de vraies scènes de rue prises en photo."

L'idée derrière tout cela étant qu'une version miniature du groupe jouant devant des scènes urbaines frénétiques passerait quasiment inaperçue aux yeux des gens immergés dans leur vie quotidienne déjà très occupée. Bien que le brief fut totalement ouvert, Stephen est resté en contact très régulièrement avec Late Night Tales et le groupe afin de prévenir toute surprise de dernière minute. "Je fourni systématiquement autant d'informations que possible sur l'avancée des travaux," déclare t-il, "le client est ainsi satisfait de voir que les choses progressent et ne peut demander des changements trop importants quand on approche du but final. Je définis un calendrier de production avec des délais et expédie les travaux exécutés aux étapes clefs du projet."

Les membres du groupe ont donc été présentés sous une forme papier complète intégrant pliures et fonctions d'animation. "Etant donné que les personnages en papier pouvaient être un petit peu mal dégrossis, j'ai pu construire des modèles en assez basse résolution sans trop me soucier de précision," explique Stephen. "La chose la plus compliquée s'étant avérée de parvenir à un parfait aspect de cube plié et fait-main notamment au niveau des arêtes."

Afin de faciliter le montage du groupe miniature avec des prises de vue photographiques réelles, Stephen a d'abord réalisé de vrais modèles physiques en papier, puis les a transportés un peu partout dans Londres. "J'ai pris des photos in situ de ces derniers pour les utiliser comme référence d'éclairage. J'ai également scanné chacune de leur parties planes afin de les plaquer ensuite sur les modèles 3D correspondants pour obtenir un aspect à la fois d'avantage fait-main et naturellement plié ."

Le projet s'est très lourdement appuyé sur les outils d'animation de personnages intégrés à CINEMA 4D. Stephen en fait d'ailleurs l'éloge, car il a notamment apprécié "leur simplicité au niveau des réglages", ce qui l'a aidé à rigguer et animer le groupe en papier. Afin de créer l'animation faciale, Stephen s'est filmé lui-même pour assurer la synchronisation labiale par rapport à la piste son. Il a ensuite importé ces prises de vue dans Adobe After Effects et créé l'animation par dessus. Ces séquences ont ensuite été plaquées au niveau des textures sur les visages des personnages directement dans CINEMA 4D. Avoir la garantie d'obtenir le bon segment de synchronisation labiale pour chaque scène était sans conteste un des aspects les plus ardus de cette phase du projet, admet bien volontiers Stephen.

L'éclairage a joué un très grand rôle, garantissant que les éléments en images de synthèse collaient correctement avec les prises de vue live. Afin de faciliter ce processus, Stephen a photographié des arrière-plans de face qu'il a ensuite utilisés pour éclairer les scènes correspondantes en utilisant l'illumination globale de CINEMA 4D. "La vitesse est très bonne, la qualité quant à elle, est extraordinaire" s'enthousiasme Stephen. Afin de parfaire le contrôle des prises de vue au final, il a calculé le rendu des passes de diffusion, d'occlusion ambiante, d'IG et d'ombres, individuellement pour ensuite assurer la composition de l'ensemble dans After Effects, profitant de l'excellente connectivité entre ce dernier et CINEMA 4D. Ce qui paraît incroyable, c'est que Stephen a assuré la prise de vue des éléments photographiques en accéléré via une caméra fixe et a ensuite effectué manuellement le compositing sans recourir a aucun logiciel de match-moving (détection de mouvements). Les lents déplacements latéraux et zooms de la caméra ont tous été réalisés numériquement en post-production.

La production de plus de trois minutes d'animation intégrant de la synchronisation labiale s'est avéré un véritable défi quant au respect des délais, ce que Stephen admet bien volontiers. Sa machine principale est un iMac à base d'Intel Core i7 cadencé à 3.4GHz et doté de 16GB de RAM. Afin de venir à bout de cette production dans les deux mois impartis, Stephen a du effectuer des rendus nuit et jour en utilisant toutes les machines disponibles pour l'aider à supporter la charge de travail.

La vidéo Crash a été entièrement produite avec la version R13 de CINEMA 4D ; Cette dernière s'étant avérée parfaitement adaptée aux yeux de Stephen. "Mon flux de production était plutôt en basse résolution," confesse t-il, "mais je souhaiterais néanmoins effectuer ma mise à jour en R14. Après avoir migrer de XSI il y a quelques années de cela, CINEMA 4D s'est toujours révélé très agréable à utiliser, un vrai plaisir ! Il est vraiment très simple d'emploi, très intuitif. Son rendu est vraiment superbe. Quant à la connexion aller et retour avec After Effects, elle est tout simplement extraordinaire. Cerise sur le gâteau, tout cela est disponible sur un Mac !"

Veuillez noter que certaines des images ci-inclues sont des modèles physiques réels du groupe photographiés par Stephen, pas des images de synthèse !

Steve Jarratt est un fan de longue date des images de synthèse et un journaliste spécialisé en nouvelles technologies basé au Royaume-Uni.

Site web de Stephen :
www.stephentolfrey.com